Jeudi dernier, comme lors de chaque vacance d'été, j'emmène ma mamie voir ses copines qui habitent dans le département voisin. N'ayant pas le permis, elle ne peut pas compter sur son vélo des années 50 pour la conduire jusque là bas. Alors nous voilà parties sous un beau soleil. Tout se passe bien, j'ai même prévu de la lecture pour patienter sagement pendant qu'elle sera chez ses copines. ... C'était sans compter sur son caractère encore plus têtu que le mien: "allez, tu descends avec moi, elle est très gentille en plus, Rose, allez tu viens". Oui mamie. Et je me suis retrouvée assise dans la salle à manger de Rose, une pièce sombre et fraîche de sa grande maison perdue dans un village qu'elle occupe seule depuis la mort récente de son époux. Un jus d'orange et des gâteaux secs sur un fond de conversation auquel je n'étais pas vraiment préparée. Les soucis de santé, l'âge qui passe, les gens qu'on enterre, le fils en procédure de divorce ("à notre époque on pouvait supporter quand même beaucoup plus de choses que les femmes ne supportent aujourd'hui"), tout le monde veut divorcer mais les homo, eux, veulent se marier, le remède malheureusement efficace contre la crise: la guerre. J'étais spectatrice de leurs confidences de femmes. Au moment des au-revoirs, j'ai ressenti un pincement au cœur pour Rose. Elle venait d'avouer qu'elle se sentait seule dans cette maison, passant souvent plusieurs jours sans voir âme qui passe. Et l'entendre dire à ma mamie qu'il fallait qu'elles se revoient vite. Et ma mamie dire que même si elles ne se voyaient pas, elle pensait à elle. Puis nous sommes rentrées. A bientôt, Rose.
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